Le Tricyclab: inspirations

Le remouleur

C’est quand même l’exemple emblématique de l’atelier portatif sur un vélo (et qui en plus utilise le vélo pour produire l’énergie nécessaire à l’activité!). À noter: en tant que commerce nomade, pas d’écriteau, mais une « enseigne » sonore pour avertir de sa présence. Une idée à reprendre?

 

Le marchand de glaces

Mais quand on passe de deux roues à trois, là, c’est sans nulle doute le triporteur du marchand de glaces qui vient à l’esprit en premier.

D’ailleurs, l’association trois-roues / glaces ne date pas d’hier:

Marchand de glaces à Téhéran vers 1900 (photographie d’Antoine Sevrugin)

 

Le colporteur

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Holbein, Le colporteur

Autre inspiration: les commerces ambulants. Vincent, qui dans ses cartons débordant de mille projets a aussi un projet de fablab mobile, me disait qu’il voyait bien ça comme une fourgonnette faisant les marchés dans des zones rurales (ce qui est raccord avec son cadre professionnel). Moi, plus que les commerçants sur les marchés, ce sont les commerces itinérants qui desservent les hameaux isolés qui m’inspirent (ces fourgonnettes qui apparaissent soudain à un carrefour au milieu de nulle part et sont en fait des épiceries ou des boulangeries sur roues). Elles ont hérité leur extrême mobilité des colporteurs d’antan qui atteignaient les coins les plus reculés.

Les colporteurs faisaient circuler bien plus que des marchandises, ils diffusaient aussi les informations et la culture. Certes, les uns pouvaient vendre les colifichets et les dernières modes de Paris au fin fond des Balkans ou de la Patagonie. Mais les autres vendaient images d’Épinal ou literatura de cordel.

Et il ne faut pas oublier que ces colporteurs diffusaient aussi les dernières innovations technologiques. Je pense aux Gitans de Cent ans de solitude faisant découvrir les aimants ou la glace à la population de Macondo, mais aussi à un grand-père achetant une béquille à vélo sous les quolibets de ses voisins (« mais ça sert à rien, ce truc! ») à ce qu’on m’a raconté.

 

Le bibliobus

Mais pour moi, l’inspiration principale reste quand même le bibliobus. Enfant, c’est émerveillée que j’ai découvert ce concept. Un monde d’histoires et de savoirs miniaturisé et nomade sur le pas de ma porte!

Et puis, pour un enfant, la richesse éducative d’un bibliobus, ce n’est pas seulement le contenu, mais aussi la forme: son fonctionnement même va lui apprendre la patience, l’espoir, la valeur de la parole donnée (« ils m’ont promis qu’ils seront de retour dans 15 jours, mais est-ce vrai? »), mais aussi le partage, la relation de confiance et la responsabilité (« ils me font confiance, je dois me montrer à la hauteur en prenant soin du livre »).

Si on veut qu’un fablab mobile ne reste pas un gimmick de bonimenteur de foire (ce qui n’est déjà pas si mal si on souhaite surtout diffuser l’existence des fablabs dans une région donnée) et soit un vecteur d’apprentissage et de transmission, c’est du côté des bibliobus qu’on doit regarder, à mon avis.

C’est, entre autres, pour ça que je suis avec intérêt des initiatives dérivées, en quelque sorte, des bibliobus, comme les Ideasbox de Bibliothèques sans frontières.

 

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