*Les fablabs scolaires gérés par Minimakers dans les collèges romains

Un domaine dans lequel Roma Makers œuvre depuis le début, c’est le domaine éducatif. En effet, leur projet de pédagogie numérique destiné aux enfants de 9 à 13 ans, Minimakers, se décline sous plusieurs formes: ateliers pendant l’année scolaire, activités façon colonies de vacances ou centres de loisirs à la campagne (au Rural Hub) ou de centre-ville (à Rome dans divers lieux) pendant l’été…

Cela faisait plusieurs années qu’ils militaient pour l’ouverture de fablabs en milieu scolaire.

minimakers

Or, en mars 2015, le ministère italien de l’Enseignement, l’Université et la Recherche (MIUR, Ministero dell’Istruzione, dell’Università e della Ricerca) a lancé un appel d’offres avec des fonds publics destinés à organiser des « atelier creativi » dans les collèges dans le cadre de la loi dite de la « Buona Scola » et de ses mesures concernant l’enseignement numérique (si cette approche vous intéresse, le ministère a publié des fiches de mise en oeuvre du plan numérique). Ces « ateliers créatifs » numériques peuvent prendre diverses formes et certains collèges ont opté pour des ateliers d’initiation au code. D’autres étaient partants pour le concept fablab.

C’est donc tout naturellement que Roma Makers a sauté sur l’occasion pour mettre enfin en application ses projets sur la question. Ils ont remporté l’appel d’offres et ont commencé à équiper et à gérer une demi-douzaine de fablabs scolaires au sein de collèges romains. Si ma mémoire est bonne, Alessandro m’a dit qu’il est possible d’équiper ces fablabs scolaires pour environ 6000 euros.

Roma Makers a aussi organisé des cours pour les formateurs enseignant dans ces nouveaux fablabs scolaires.

Si vous voulez en savoir plus sur leur vision des choses, lisez la série d’articles qu’ils ont consacrés au sujet sur leur blog, ainsi que la déclaration d’intention rédigée par Leonardo Zaccone, le co-fondateur de Roma Makers qui s’occupe plus particulièrement des thématiques pédagogiques.

rosmini Le premier de ces fablabs, le Fablab Rosmini a été inauguré dans le collège du même nom, l’Istituto comprensivo Antonio Rosmini, le 2 décembre 2015.

Cette expérience pilote est équipée de 3 imprimantes 3D, d’une découpeuse vinyle, d’une découpeuse laser, d’une fraiseuse numérique et de matériel pour des ateliers en électronique (dans la plus pure orthodoxie des requis MIT). Si j’ai bien compris ce que j’ai lu dans plusieurs articles, cet équipement a sans doute été rendu possible par des partenariats avec Roland, Trotec, etc, qui ont dû voir en ce projet une belle vitrine pour des commandes officielles à l’avenir si l’expérience prend.

Dans cet article, vous pourrez voir des photos et des descriptions des activités qui s’y déroulent.

En premier lieu, le fablab est destiné à servir de lieu d’applications pratiques des cours de technologie dispensés par le collège dans le cadre des programmes scolaires pendant les horaires de cours.

Mais, en contrepartie, le collège ouvre aussi ses locaux deux après-midi par semaine aux jeunes du quartier pour qu’ils aient accès au fablab et suivent des cours de technologie créative et de robotique.

En effet, l’idée de Roma Makers, c’est qu’à terme ces fablabs scolaires deviennent des fablabs de quartier.

Ils prévoient aussi que chaque fablab soit capable d’autofinancer les coûts de fonctionnement dans les 3 ans suivant sa création, par exemple en utilisant le lab pour des activités extrascolaires. En effet, les parents sont très demandeurs et ça pourrait fonctionner…

À terme, aussi, le projet envisage la création d’une base de données open source d’activités numériques pour enfants de moins de 13 ans.

Il faut saluer une telle initiative venant du ministère. Il faut savoir qu’en Italie la tendance à démanteler l’enseignement public (que l’on retrouve hélas dans beaucoup de pays) est en train de faire énormément de dégâts et qu’il arrive que même les lycées techniques soient assez mal dotés et sous-équipés.

Mais il faut surtout saluer Roma Makers, qui se voit au-delà du cadre et se projette dans une continuité école-quartier… À mon avis, ce n’est pas une mauvaise approche pour doter les quartiers de fablabs… C’est peut-être mieux que de faire colloque sur colloque.

Malheureusement, je n’ai pu visiter ces fablabs scolaires, car lorsque je suis passée en juin les collèges venaient de fermer pour les vacances d’été et ils ne rouvriront qu’à la mi-septembre après notre soutenance.

Ça ne m’empêchera d’y retourner et je ne manquerai pas de mettre à jour cet article à cette occasion.

Et en France? En France, le gouvernement fait du forcing depuis quelques années pour introduire l’apprentissage du code dès l’école primaire (et c’est normalement prévu pour cette rentrée scolaire). Mais pour ce qui est de la fabrication numérique, il n’y a pas la même volonté d’encouragement.

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